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André Veillas

Né à St-Priest-de-Laprugne, au fin fond de la montagne bourbonnaise, ce Cussétois d'adoption a son atelier au pied des montées, là où l'agglomération s'arrête. Il a découvert par lui même le jeu des couleurs, la composition, puis il a exposé très vite parce qu'il avait besoin du regard des autres pour apprendre et se perfectionner. Comme cette horloge s'est arrêtée dans son atelier pour nous dire que le temps n'existe pas, le cadre, ce cadastre de l'infini s'est amenuisé lentement autour des toiles.
Pourtant il n'a jamais contraint cette peinture à s'échapper.
En dehors, en dedans.
Paysages intimes.
On ne contraint pas la vie.

Il faut voir Veillas peindre, ses mains tracer des figures au dessus du plan.
Puis voir les couleurs exploser, entendre la toile gémir sous les assauts répétés du couteau.

Alors la peinture naît, avec son mystère.
On n'explique pas la vie.

Puis la main se pose d'un coup sec sur la toile, et la caresse comme on caresse le corps d'une amante.
Hommage à la maîtresse d'une vie.
Il y a des épouses qui refuseraient de telles importunes, de telles exigeantes.
Simonne, sa femme, était complice dans ce manège à trois.
Elle savait.

Il faut regarder ces yeux.
Qui voient, mais qui n'assènent rien.
Pudeur.

Veillas n'aime pas à se définir.
Toi qui parles trop, tu as écouté le silence des monastères ?
Tu veux savoir ?

Refus du dogme qui châtre, qui emprisonne.
Méfiance de l'intellect, ce poison du coeur.
Autodidacte, aussi.
Par force.
Voilà.

«C'est indéfinissable de peindre, ça mène à autre chose»

Mais tu veux comprendre...

Cet homme je le côtoie depuis 38 ans.
Je n'ai jamais cherché à le comprendre.
Sa présence, ses absences, sa chaleur, ses yeux me suffisent.
Savoir qu'il existe rend le chaos supportable.

Tu veux des mystères ? Des secrets ?

Je t'en donne un :
parfois, quand il a très froid, il garde son pyjama sous son pantalon.

Allez, va...

Tais-toi
Regarde
Écoute

Et emporte avec toi un peu de cet « autre chose »,
De cet ailleurs.
En silence,
En secret.

Toujours

En secret.
Grégory Robin

André Veillas jette son filet sur les apparences et avant de tout ramener au centre du tableau, dispose ses prises lumineuses sur des plages d’obscure ou de lumière cendrée.
Robert-L. Liris

…/…Je ramène le regard au centre. Ce n’est pas une peinture de témoignage. Je ne suis pas pris par le sujet qui n’est pas le centre d’intérêt. Il faut que la surface soit organisée de façon parfaite, que la couleur soit belle, que les valeurs soient bonnes, que le travail aussi de la matière soit parfait ; il faut alterner des espaces plus riches, plus denses et des moments de repos pour délasser le regard…/…

…/…Ma recherche se situe au niveau d’un sens particulier de la lecture du tableau. L’oeil a tendance à aller plutôt vers les plages claires et à ne considérer qu’ensuite les masses foncées. L’opposition des valeurs foncées et claires constitue le tableau mais c’est le sens de la lecture qui va générer l’intense émotion ressentie par le peintre et qu’il faut transmettre et faire partager. Sur une page blanche un simple point fait un centre d’intérêt. La présence d’un autre point fort contraint le regard à une démarche de reconnaissance. Le spectateur ne doit pas quitter la surface à regarder. Le dessin a quelque chose de mathématique, mais la peinture dont j’ai voulu appréhender quelques lois échappe à tout calcul trop minutieux, elle serait plus subjective que le dessin, elle permet de libérer et de développer toutes ses facultés créatrices.
C’est cet apprentissage là qui fut mon chemin sans braver des lois qui sont un point de passage obligé du geste de peindre.
C’est plus une question d’études et de recherche que de vaines productions…./…

André Veillas, Extraits d’un entretien avec Robert-L. Liris
Si on savait comme je peine à faire mes tableaux …
Il y a toujours quelque chose qui m’échappe, un insaisissable qui se dérobe… Je peux passer deux mois sur une toile et plus puis soudain, parfois, j’appelle cela des moments bénis: ça tourne tout en une demi heure. Nul ne sait pourquoi. C’est un mouvement qui dépasse toute l’austérité de la besogne, du travail bien au-delà de l’application …
André Veillas. Extrait d’un entretien avec Robert-L. Liris.

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